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Yole de bantry (1796)
La Yole de 1796, conservée au musée de Dublin.
La Yole était une chaloupe fine et légère de liaison entre les navires de la flotte, une estafette rapide. Chaque navire de ligne ( de deux à quatre ponts, et éventuellement les frégates ), en possédaient une à bord. A ne pas confondre avec le petit Youyou du commandant, suspendu derrière le tableau, la Yole était la plus grande embarcation du bord, destinée également à tracter le navire déventé en urgence. La Yole de Bantry nous est la plus connue par la seule retrouvée en bon état. Il s'agissait à l'origine de celle du contre-amiral Nielly, dont la flotte hétéroclyte fut dépêchée par Louis XVI pour apporter de l'aide aux insurgés Irlandais. Malheureusement l'escadre subit une tempête, et l'équipage de fortune, peu expérimenté, n'évita pas le désastre: Bon nombre des navires furent obligés de rebrousser chemin, d'autres furent drossés à la côte. Nielly se vit obligé de demander de l'aide aux insurgés, et pour cela dépêcha sa propre yole d'état-major, le navire de plus rapide de la flotte. Après un périple éreintant, la Yole accosta au fond de la Baie de Bantry, tenue par les Anglais. Son équipage fut capturé et la chaloupe conservée comme prise. Elle à ensuite étée de mains en mains, jusqu'à finir dans la grange d'une ferme appartenant à une descendante d'un officier Britannique qui ignorait son origine. Deux personnes s'y intéressaient cependant: Un Américain, Lance Lee, qui faisait de la réinsertion de jeunes à la dérive par la remise en état de vieux grééments, et un Français, Bernard Cadoret, le fondateur de l'association d'ethnologie chasse-marée. Après une longue enquête ils parvinrent à retrouver la fameuse Yole, qui fut remise en état en 1986 et depuis trône en bonne place au musée de Dublin. La Yole 1796 est aussi de facto la plus vielle embarcation Française existant à l'heure actuelle. Depuis d'innombrables répliques ont vu le jour, dont beaucoup disputent chaque année l'Atlantic challenge, depuis 1996. C'est un bateau intéressant à de nombreux points de vue. Fine, élancée et rapide, gréé de trois voiles au tiers, la Yole atteint 12 à 13 noeuds par bon vent, et à la force des rames, jusqu'à 7-8 noeuds. Dans ce cas elle accueille à son bord jusqu'à 10 rameurs, tournés vers l'arrière et manoeuvrant de longs avirons sur le bord opposé, avec un point de levier reculé. Cette "chiourme" est veillée par deux chef de bord, à l'avant et à l'arrière, ce dernier ne se servant presque pas du petit safran: Les manoeuvre se font par opposition de rames.
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